Mondialisation?

Chers amis, bonjour,

Voyons, aujourd’hui, ce à quoi le Monde aspire et ce qu’il nous réserve dans les prochaines décennies!

Commençons par définir le bons sens qu’il faut accorder à la mondialisation, mais surtout à quelle mondialisation et… nous rechercherons ensuite les tenants et les aboutissants de cette nouvelle philosophie sociétale!

Généralité :

Le terme mondialisation désigne le développement de liens d’interdépendance1 entre les hommes, leurs activités et les différents systèmes politiques à l’échelle de la Planète. Ce phénomène touche la plupart des domaines avec des effets et une temporalité [1] propres à chacun. Il évoque aussi parfois les transferts internationaux de main-d’œuvre ou de connaissances.

Ce terme est souvent utilisé aujourd’hui pour désigner la mondialisation économique, et les changements induits par la diffusion mondiale des informations, notamment sous forme numérique (via Internet.)

[1] Le « temps » est un concept développé pour représenter la variation du monde :  L’Univers n’est jamais figé, les éléments qui le composent bougent, se transforment et évoluent. Si nous considérons l’Univers comme un système dans son ensemble, nous dirons qu’il a plusieurs états…  Ces états, passés, présents et futurs, et leur mesure, concourent à donner un concept du temps. Au cours de l’Histoire, et au sein des nombreux peuples de la Terre, la conceptualisation du temps a elle-même changé et s’est adaptée à des évolutions profondes, tout autant factuelles qu’idéologiques. Philosophes, scientifiques et hommes de la rue ont bien souvent des vues différentes sur ce qu’est le temps, et les progrès des uns influencent les idées des autres et ce…, depuis des siècles. La psychanalyse et la psychologie apportent également des éléments nouveaux au xxe siècle. Un questionnement profond s’est porté, dans toutes ces disciplines, sur la nature intime du temps : est-ce une propriété fondamentale de notre Univers ou, plus simplement, le produit de notre observation intellectuelle, de notre perception ? La somme des réponses de chacun ne suffit évidemment pas à dégager un concept satisfaisant, et juste, du temps, d’autant que ce questionnement est aporétique (aporie – du grec aporia, difficulté à résoudre un problème.) Mais l’examen minutieux de chacune d’entre elles et de leurs relations apportera d’intéressantes réponses.  Toutes ne sont pas théoriques, loin s’en faut : la « pratique » changeante du temps par les hommes est d’une importance capitale… 

De fait, la mesure du temps a évolué et cela ne fut pas sans conséquence sur l’idée que les hommes en eurent au fil de l’Histoire. De rudimentaire, qu’elle était aux premiers âges, sa mesure a gagné aujourd’hui une précision reposant sur l’atome. Ses progrès irréguliers sont donc à relier directement aux transformations du concept « temps ».

Ses retombées ont affecté bien plus que la simple estimation des durées…

La vie quotidienne des hommes s’en est trouvée changée bien sûr, mais aussi et surtout la pensée, qu’elle fût de nature scientifique, philosophique ou encore religieuse.

Pour établir une vue générale du temps aujourd’hui, il faut en premier lieu parcourir l’histoire de ce concept, qui fait lui-même notre Histoire.

Quelques remarques générales permettent d’aborder ce problème du temps de façon pragmatique… Mais, ceci est encore une autre histoire !

Détails… 

Le terme « mondialisation » apparaît dans la langue française en 1964, dans le cadre de travaux économiques et géopolitiques : il signifie l’accroissement des mouvements de biens, de services, de mains-d’œuvre, de technologies et de capitaux à l’échelle internationale ; il désigne initialement le seul mouvement d’extension des marchés des produits industriels à l’échelle des blocs géopolitiques de la Guerre froide, c’est-à-dire entre les États-Unis et l’URSS (1947-1991.)

Longtemps cantonné au champ académique, il se généralise au cours des années 1990… D’une part sous l’influence des thèses d’émergence d’un « village global », portées par le philosophe et sociologue canadien Marshall McLuhan (1911-1980), et surtout par le biais des mouvements antimondialistes et altermondialistes qui attirent, par leur dénomination même, l’attention du public sur l’ampleur du phénomène.  Dans le monde anglophone, la popularisation du terme globalization et son usage comme terme fourre-tout a accentué le débat académique. Il est maintenant admis que le terme désigne le développement de l’interdépendance au niveau mondial. À partir de cette définition générale chaque grand courant académique met l’accent sur la dimension qui lui parait la plus pertinente. Par exemple, certains universitaires comme Manuel Castells se concentrent sur le lien entre les dimensions économiques et sociales. D’autres, comme John Urry, mettent l’accent sur la complexité croissante qui caractérise tous les échanges humains (économiques, culturels et politiques.) Nous pouvons aussi noter que le terme et sa popularité sont liés aux problématiques de développement, comme le montre Jan Nederveen Pieterse.  Les polémiques qui agitent le milieu universitaire anglophone reflètent l’existence d’un débat planétaire. Car, si Urry est anglais, Castells est espagnol et Pieterse hollandais. 

Le lecteur de ces lignes doit donc garder à l’esprit que les termes globalization et mondialisation et les sens qui leur sont attribués reflètent toujours le point de vue et le courant de pensée des énonciateurs et non de ceux qui pensent autrement !

Donc, la distinction entre ces deux termes est propre à la langue française. Car, le mot anglais (US) original est globalization, et il est repris par la plupart des autres langues…

En anglais, les différentes approches globalization/mondialisation sont explorées par différents courants de pensées. Le terme anglophone globalization couvre largement le même débat que la différence sémantique francophone. Comme dans le monde francophone, différentes personnes donneront différents sens aux termes, mettant l’accent sur la dimension économique, culturelle ou politique, en fonction de leur appartenance, consciente ou non, à tel ou tel courant de pensée. 

D’un point de vue étymologique, Monde (Univers) et globe sont suffisamment proches pour que mondialisation et globalisation soient synonymes dans leur emploi initial en langue française (1964 pour le premier, 1965 pour le second.)

Toutefois, la proximité de « globalisation », avec l’anglais, et la particularité de mondialisation a amené une divergence sémantique…

En français, le terme « globalisation » désigne l’extension supposée du raisonnement économique à toutes les activités humaines et évoque sa limitation au globe terrestre. Par contre, le terme « mondialisation » désigne l’extension planétaire des échanges, qu’ils soient culturels, politiques, économiques ou autres. Dans ce cadre, l’expression « monde » peut désigner, en outre, l’Espace proche de la Terre, accessible par des moyens aéronautiques ou spatiaux (satellites), ou prendre des significations propres à chaque Culture (le monde chinois par exemple.)  En revanche l’expression « globalisation financière » s’est imposée pour désigner la constitution d’un marché mondial intégré des capitaux. Par ailleurs, les problèmes d’environnement se posent désormais à l’échelle mondiale, par exemple la déforestation ou la pollution due au développement des transports. 

La différence sémantique peut s’envisager sous un autre angle…

Certains voient, dans le terme globalisation, la simple transposition du terme anglais en français, « globalisation » étant synonyme de « mondialisation ». D’autres voient une différence de nature entre les deux termes et considèrent la globalisation comme une étape après la mondialisation, qui la dépasserait et consisterait en une dissolution des identités nationales et l’abolition des frontières au sein des réseaux d’échange mondiaux.

Mais revenons, un instant, sur le terme mondialisation… 

Complètement générique, le terme mondialisation désigne un processus historique par lequel des individus, des activités humaines et des structures politiques voient leur dépendance mutuelle et leurs échanges matériels autant qu’immatériels s’accroître sur des distances significatives à l’échelle de la planète. Elle consiste en l’interdépendance croissante des économies, et contribue à l’expansion des échanges et des interactions humaines.

La genèse du terme explique que ce processus sera, le plus souvent, envisagé sous le seul aspect de la mondialisation économique (développement des échanges de biens et de services), accentuée depuis la fin des années 1980 par la création de marchés financiers au niveau mondial. Toutefois s’y ajoutent :

– L’aspect culturel, qu’apporte l’accès d’une large partie de la population mondiale à des éléments de culture de populations parfois très éloignés, d’une part, et aussi la prise de conscience par les pays développés, dans leur ensemble, de la diversité des cultures au niveau mondial ;

– L’aspect politique que représente le développement d’organisations internationales et d’ONG (Organisations non gouvernementales) ;

– L’aspect sociologique de la mondialisation, résumé par Zygmunt Bauman (1925-1971), sociologue et professeur émérite des universités de Varsovie et de Leeds qui écriera ceci : « La mondialisation est inéluctable et irréversible. Nous vivons déjà dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance à l’échelle de la planète. Tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs. Lorsque l’on évalue les mesures à adopter dans un endroit donné, il faut prendre en compte les réactions dans le reste du monde. Aucun territoire souverain, si vaste, si peuplé, si riche soit-il, ne peut protéger à lui seul ses conditions de vie, sa sécurité, sa prospérité à long terme, son modèle social ou l’existence de ses habitants. Notre dépendance mutuelle s’exerce, désormais, à l’échelle mondiale (…) »

En toute rigueur, il conviendrait ainsi de parler « des mondialisations« , afin de distinguer le domaine considéré (économique, culturel, politique, religieux, monétaire…) et la période historique envisagée.

Alors ! Le Mondialisme, c’est quoi ?

Si la mondialisation est un processus qui se traduit dans les faits, le mondialisme est une idéologie ! Celle-ci affirme le caractère inéluctable de la mondialisation et son incompatibilité avec la structure de l’État-nation, son caractère inhérent à vouloir apporter la paix définitive par l’instauration d’un gouvernement mondial passant par un humanisme. Le mondialisme en tant que tel ne constitue cependant pas une idéologie constituée. Nous le retrouvons au sein d’idéologies plus vastes, allant du néolibéral à l’internationalisme d’extrême gauche. 

Cependant, un glissement du sens du terme vers sa seule acception « néolibérale » a, d’emblée, donné naissance aux termes d’antimondialisation et d’altermondialisation pour désigner des courants de pensée visant respectivement à limiter le processus de mondialisation ou à en modifier le contenu.

Conceptions de la mondialisation. 

Aussitôt que la mondialisation s’est imposée comme phénomène planétaire, on a cherché à la définir. Deux conceptions, qu’on peut dire « unitaire » et « conflictuelle et plurielle » s’affrontent autour de l’explication de ce phénomène…

Conception unitaire : 

Selon la conception unitaire, la mondialisation évoque la notion d’un monde qui se veut uni, d’un monde formant un « village planétaire », d’un monde sans frontière.

« Ceci dans une approche géographique, idéologique ou économique. »

Cette conception est soutenue par des organisations internationales ou des institutions internationales : notamment le FMI (front monétaire international), l’OMC (organisation mondiale du commerce) et encore d’autres ; par le courant idéologique (notamment le mondialisme.) Elle est également partagée par quelques analystes.

Définir la mondialisation comme l’unification du Monde signifie que l’on parle de l’interpénétration des cultures, des technologies et des économies (intégration dans l’économie mondiale.) De ce fait, les expressions comme culture mondiale ou civilisation mondiale, gouvernance mondiale, économie mondiale, voire même citoyen mondial, sont de plus en plus utilisées.

Si l’approche unitaire de la mondialisation bénéficie des atouts du xxie siècle (c’est-à-dire le progrès et la révolution de la technologie, qui renforcent l’intégration physique, l’internationalisation et l’expansion des mouvements financiers (brassage), et la position du capitalisme (au demeurant seul système central qui répond aux attentes de l’économie mondiale actuelle mais pas à son devenir, car poussif et bientôt obsolète)), il est suivi, cependant, par toutes les critiques fusant sur l’économie de marché ou le capitalisme.  La conception qui définit la mondialisation comme l’unification du monde contient par ailleurs une position intellectuelle qui prône plus d’ouverture pour arriver à une paix mondiale, une suppression totale des frontières. En revanche, même si cette conception présentait l’avantage de créer dans l’homme le germe de l’espoir, elle resterait cependant restrictive dans la mesure où elle négligerait les autres manifestations notoires de la mondialisation. Conception conflictuelle et pluraliste : 

Opposée à la conception unitaire, la conception conflictuelle et pluraliste considère la forme actuelle de la mondialisation comme la source de nos problèmes…  Elle met en avant une approche de coopération plutôt que de mise en concurrence, qui est le principe de base de la forme actuelle de la mondialisation (les sympathisants les plus farouches de cette conception sont les courants altermondialiste et antimondialiste.)  Elle est également partagée par quelques analystes indépendants.  Les problèmes que pose cette approche de la mondialisation sont ceux de l’hétérogénéité, de l’incompatibilité, de la fragmentation et de l’intégration, de l’ordre et du désordre, de l’inégalité, de l’exclusion, de la solidarité, de l’équité, de la domination, de l’exploitation, des affrontements idéologiques (politiques, religieux…) et des relations humaines qui sont, le plus souvent, régies par des rapports de force. Cette conception présenterait donc, selon ses tenants et aboutissants, l’avantage d’appréhender un peu plus clairement les éléments divers de ce phénomène aux multiples aspects sociologiques, alors que la première s’articulerait autour d’un seul point commun (le confort profitable de quelques-uns) et tant pis pour les autres…  Du fait d’être défendue par les altermondialistes, cette conception est généralement vue comme une théorie économique et sociale proche du socialisme, notamment parce qu’elle prend la défense des plus pauvres. La vision de l’altermondialisme est : davantage de coopération que de mise en concurrence des populations. Mais, beaucoup de choses non-définies, restent bien-sûr en suspend ! Aussi, faisons un petit tour sur l’… 

Historique. 

Si le vocable « mondialisation » est récent, il désigne cependant différentes périodes de l’Histoire, dont certaines sont anciennes…

Avant le xviie siècle : 

Les hommes du xviie siècle ou des siècles antérieurs avaient des représentations du monde différentes des nôtres. La Terre était peuplée de moins de 700 millions d’habitants. On ne peut donc pas vraiment parler de mondialisation. 

Nous constatons pourtant que des évènements politiques et culturels majeurs ponctuent l’Histoire…

– Extension de l’Empire romain, unification de la Chine, grands mouvements de population ; 

– Extension de l’Empire byzantin, à partir du vie siècle (empereur Justinien) ;

– Formation de l’Empire carolingien aux ixe et xe siècles, extension musulmane ;

– Ouverture de routes commerciales, dès la fin du xe, en Europe (pour l’historien Pierre Riché, né à Paris en 1921, le terme Europe n’était pas encore employé), (foires de Champagne au xiie siècle, à cette époque, la Chine est florissante avec l’Empire Song) ;

« La Chine lançait, entre 1415 et 1433, des expéditions vers l’Afrique (amiral Zheng He, 1371-1433) beaucoup plus audacieuses que les expéditions de Christophe Colomb. »  – La Renaissance, au xve siècle, s’accompagne d’échanges maritimes en mer du Nord, en mer Baltique (Hanse), et entre la mer du Nord et les ports italiens, qui contournent l’Espagne. Au xvie siècle, suivront les Grandes découvertes. 

« Ces changements s’accompagnent d’une extension considérable de l’espace connu, ainsi que des échanges économiques, technologiques et culturels entre civilisations. »

Après le xviie siècle :

L’étude des échanges de biens de ces époques incite à penser que l’historiographie du xixe siècle a sous-estimé l’importance des échanges matériels et culturels, entre civilisations éloignées, jusqu’à la fin du Moyen-Âge. Par exemple : 

– La Route de la soie existait bien avant le xiiie siècle ;

– La mise en évidence de liens commerciaux réguliers entre la région de la Baltique et Rome ;

– La découverte en Chine, de vases grecs, accrédite l’existence de mouvements mondiaux de biens et d’idées dès l’Antiquité ;

– On peut aussi donner en exemple, le rôle fondamental des routes commerciales arabes sur l’islamisation de l’Afrique ;

– Il y eut également des échanges entre l’Inde et l’Islam vers le ixe siècle, conduisant à l’introduction progressive en Europe du système de numération positionnel décimal à partir de l’An mille.

– Aux xv et xvie siècles, le mouvement de la Renaissance entraîne un grand bouleversement : l’Imprimerie apparaît, il est pris conscience de la rotondité de la Terre, les Européens font de Grandes découvertes. 

– Pendant le siècle des Lumières (xviiie siècle en Europe), la diffusion de la Presse, la prise de conscience de l’héliocentrisme (voir Copernic, Kepler, Galilée), l’industrialisation et la colonisation entraînent d’autres types de bouleversements, que Charles Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu (1689-1755), analyse en ces termes…

« Aujourd’hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit, dans la dernière, renverse toutes les idées des premières. » 

Le xixe siècle : essor de la Révolution industrielle… 

Le xixe siècle marque véritablement l’essor de la révolution industrielle correspondant à la période appelée contemporaine par les historiens. Le ressort essentiel du processus est alors l’abaissement des coûts de transport, avec la généralisation de la machine à vapeur et celui des coûts de communication avec le télégraphe. Ces deux éléments permettent la mise en communication des différentes parties du globe et d’importants transferts d’hommes, de biens et de savoirs en fonction des inégalités de peuplement, de richesse et de pouvoir. Le xixe siècle (entendu au sens des historiens, il commence avec la Révolution française et finit au début de la Première Guerre mondiale) voit ainsi se dérouler des flux de population à l’échelle planétaire. Alors qu’en Europe, la Révolution agricole éloigne les paysans de leur campagne et que les villes absorbent, avec difficulté, la hausse soudaine de la population du vieux continent (elle quadruple entre 1750 et 1900), les occidentaux migrent massivement à travers le Monde (Amériques, Australie, Algérie, Afrique centrale…) Ces flux de population modifient en profondeur la répartition de la main-d’œuvre au niveau mondial. 

Au niveau économique, l’industrialisation rend possible le développement d’échanges de produits manufacturés entre pays industrialisés et en cours d’industrialisation, tandis que la « colonisation » entraîne des flux de matières premières depuis les colonies vers l’Europe. L’impact économique de ces échanges est cependant faible au regard de celui induit par les migrations mondiales.

La colonisation a également pour effet d’intégrer l’essentiel de la planète dans un espace politique et/ou religieux commun, et de favoriser des transferts financiers entre pays ainsi que vers les colonies. 

Dans le domaine culturel, la multiplication des récits de voyage ou des modes, comme le japonisme montrent la montée en puissance dans l’imaginaire européen d’autres cultures, elles-mêmes souvent mises à mal par la colonisation. « Jules Verne fait faire à Philéas Fogg Le Tour du Monde en quatre-vingt jours, grâce au génie technique européen. À cette époque cependant, le mondialisme trouve sa première expression d’ampleur sur le socle du marxisme (comme c’est étrange) avec la fondation des Internationales. »

Les chaos du « court xxe siècle » 

Les débuts du xxe siècle sont marqués par une méfiance croissante à l’égard des échanges mondiaux, entraînant le repli de nombreux pays sur eux-mêmes au détriment du processus de mondialisation.

Le phénomène commence dans le secteur où les échanges étaient les plus importants, celui de flux humains. En mettant en place des quotas à l’immigration (1911 pour les Asiatiques, 1921 pour les autres populations), les États-Unis arrêtent brutalement le flux le plus important, tandis que les Révolutions russes privent l’Europe d’un important partenaire commercial et financier.

La plupart des pays érigent alors d’importantes barrières douanières dans le but de protéger leur économie. Ce brusque cloisonnement des échanges matériels et financiers est un facteur essentiel de la crise des années 1930 (crac boursier), qui marque le point d’arrêt quasi-total de la mondialisation.  Le rejet de ce processus dépasse alors le simple plan économique, pour s’étendre à la politique, avec l’effondrement de la Société des Nations, et à un refus des cultures étrangères et des étrangers, eux-mêmes, qui tourne souvent à la xénophobie.  Si le début du xxe siècle freine la mondialisation, la deuxième moitié du xxe relance et accélère ce processus. Après 1945, celui-ci reprend, de manière très inégale en fonction des domaines. La reconstruction de l’Europe, ainsi que la mise en place du bloc soviétique puis les décolonisations successives limitent la portée des échanges de biens et de services. La mondialisation s’inscrit alors plutôt dans la création d’organisations internationales, ONU, Banque mondiale, FMI ou GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), ainsi que dans la généralisation des produits de la culture des États-Unis, en particulier le cinéma.  Alors que le terme est déjà utilisé, ce n’est que vers 1971 que les échanges de biens retrouvent, en part du PIB mondial, leur niveau de 1910 et que reprend véritablement la mondialisation économique. Appuyée sur la baisse des coûts de transport, celle-ci désigne essentiellement le développement des échanges en biens manufacturés entre pays riches et nouveaux pays industrialisés (Corée du Sud, Taïwan, Brésil, Argentine…), qui représentent 80% du commerce mondial. Au sein du CAEM (Conseil d’assistance économique mutuelle, créé sur l’initiative de Staline en 1949), la planification favorise, de même, d’importants échanges de biens, largement en isolation vis-à-vis du reste du monde. Au début des années 1980, de vastes zones géographiques (Afrique, l’essentiel de l’Asie…) ainsi que les secteurs primaires (agriculture) et tertiaires (services) restent hors du processus de mondialisation économique, tandis que les flux de population restent faibles. Par ailleurs, l’amélioration des flux d’information ainsi que l’assouplissement des lois, portant sur l’investissement étranger, favorisent la mise en place de marchés financiers à l’échelle internationale. 

Aspects de la mondialisation contemporaine :

Aspects économiques… 

L’évaluation des conséquences de la mondialisation économique comprend plusieurs volets, très contrastés selon la ou les richesses du pays considéré.

Pays riches : 

Pour les pays riches, la mondialisation, dite économique, comporte deux bénéfices essentiels…

Le premier profite au consommateur, qui a accès à un éventail plus large de biens et services (diversité) à un prix plus faible que s’ils étaient appliqués dans son propre pays. Quantitativement, cet effet est considérable, et peut être appréhendé en additionnant les gains des consommateurs à l’achat de produits textiles chinois, par exemple.

Le second bénéfice profite largement aux détenteurs du capital (financier, structurel, conjoncturel…), qui obtiennent un meilleur rendement de leurs capitaux.  Les pays riches souffrent en revanche de la délocalisation de leurs industries intensives vers une main-d’œuvre peu qualifiée mais bien moins onéreuse, ainsi que de la concurrence accrue entre pays riches eux-mêmes.  Quantitativement peu importants, ces effets posent cependant des problèmes du fait qu’ils sont localisés, touchant particulièrement certains individus ou certaines régions déjà quasi désertées industriellement, alors que les gains sont répartis sur l’ensemble de la population. La part de la population active en concurrence avec la main d’œuvre peu qualifiée des pays en voie de développement n’est seulement que de 3%. Cependant, les niveaux scientifique et technologique de la Chine et de l’Inde se rapprochent très vite des standards occidentaux, et la qualité des télécommunications font que la concurrence directe des populations actives concerne maintenant les classes moyennes (délocalisation des call-centers par exemple), et les ingénieurs (tous les grands groupes de logiciels ont une antenne en plein essor en Inde – voir mon livre sur la 3ème Guerre mondiale sur le site http://www.manuscrit.com) Certaines études quantitatives économétriques, tentant d’évaluer ces deux aspects, seraient arrivées à la conclusion que les gains des pays riches à la division internationale du travail sont supérieurs aux pertes (délocalisations, désindustrialisations.) Le problème des pays riches face à la mondialisation économique serait donc avant tout un problème de répartition de gains afin de pouvoir indemniser les perdants en leur accordant une part des gains proportionnée à leur perte. Toutefois l’objectivité de ces études est actuellement remise en question, la plupart d’entre elles étant réalisées par des organismes internationaux prônant eux-mêmes la mondialisation lorsqu’ils n’en sont pas eux-mêmes les artisans (Banque mondiale, Fonds monétaire international, OMC…) 

Durant ces deux dernières décennies, la mondialisation n’a pas été porteuse de « croissance » en Europe…

« Elle aurait plutôt été génératrice d’iniquités et de dégâts environnementaux ! »

Malgré cet échec, le dogme néolibéral sur les vertus du « libre échange » continue à être relayé par la plupart des économistes, comme si la théorie des avantages comparatifs de D. Ricardo (économiste britannique, 1772-1823) s’appliquait au monde actuel. 

La mondialisation économique incite également les pays riches à se faire concurrence en matière de réglementation, de protection sociale, de fiscalité et d’éducation…

Le bilan de cette concurrence est actuellement impossible à établir :

Selon les opinions, elle conduit à un moins-disant, dans divers domaines, ou elle privilégie les États les plus efficaces à maîtriser leur train de vie, ou enfin elle met en évidence les inefficacités des différents modèles sociaux et certains vont jusqu’à parler alors de dumping social (expression péjorative pour désigner la concurrence sociale entre tous les travailleurs mondiaux.)

Les mouvements sociaux ne pouvant réellement s’exprimer de manière efficace qu’au niveau de l’État-nation, face à un pouvoir politique de proximité, la mondialisation empêche la lutte des classes et risque à terme de détruire les protections sociales mises en place dans les États développés.

Nouveaux pays industrialisés… 

Jusqu’à la crise asiatique (débuté le 02 juillet 1997), les nouveaux pays industrialisés semblaient les grands gagnants de la mondialisation économique. Profitant d’une main d’œuvre qualifiée et à faible coût, ils ont bénéficié d’investissements très importants en provenance des pays riches comme l’aide financière apportée au Japon par les États-Unis après la seconde guerre mondiale, ce qui leur a permis de construire une économie moderne et un système de formation solide, de sortir de la pauvreté. La crise asiatique a cependant montré l’étendue de leur dépendance à l’égard de marchés financiers prompts à l’emballement spéculatif comme à la panique. Le bilan de la mondialisation économique pour ces pays est ainsi très contrasté, avec d’un côté des pays, comme la Corée du Sud ou Taiwan définitivement classés parmi les pays riches, d’autres, Thaïlande, Philippines, ont du mal à se remettre de la volatilité des investissements, et d’autres encore bénéficient très largement de la mondialisation au niveau du pays, mais avec une répartition très inégale de ces gains (Brésil, Chine.)  Pays pauvres : 

Au niveau économique, les pays les plus pauvres restent largement en dehors du processus de mondialisation. Celui-ci requiert en effet des institutions stables, un respect du droit, de la propriété privée, une absence de corruption ainsi qu’un certain développement humain (santé et éducation) que ne présentent pas la plupart de ces pays. Leur ressource économique principale (l’agriculture) reste dominée par les stratégies protectionnistes des pays riches, sauf pour les cultures propres aux pays pauvres. 

Aspects culturels… 

L’accès d’un nombre croissant d’individus à des réseaux d’information et de communication communs conduit à deux effets :  Le premier est une prise de conscience accrue de la diversité des cultures propres à chacun et de l’interdépendance de l’ensemble des individus. Cela s’exprime par une meilleure connaissance de l’environnement et des enjeux mondiaux, par la multiplication des sources d’information. Des cultures minoritaires (amérindiens, bushmen…) ont ainsi pu trouver une visibilité nouvelle, tandis que les questions à dimension internationale voient la montée en puissance des ONG comme acteurs de premier plan. De même, le fort brassage des courants religieux et philosophiques a stimulé l’œcuménisme et le dialogue inter religieux. Mais inversement, des communautarismes identitaires, fondés sur un refus du relativisme et l’affirmation de la supériorité d’une culture sur les autres, se sont développés de manière concomitante.

Le deuxième est l’émergence d’une sorte de « culture commune » marquée notamment par le recours à un « anglais de communication » (parfois appelé globish pour global english), version appauvrie de la langue anglaise, des références culturelles américaines ou occidentales portées par des produits culturels (cinéma, musique, télévision…) ou des modes de vie (sports occidentaux, cuisine italienne, chinoise…) Certains y voient un risque d’appauvrissement de la diversité culturelle, voire la domination d’une certaine conception des rapports économiques et sociaux. Le terme de civilisation universelle est, en soi, un objet de polémique. 

La mondialisation accordant, dans son mode de régulation, un primat à l’international sur le national, peut être lue comme une accélération d’un phénomène mondial d’intégration économique commencé dès le xvie siècle ; processus inégal sur le plan géographique mais progressif à l’échelle temporelle.

« Tel quelle, la mondialisation crée de nouveaux défis d’organisation institutionnelle et de répartition des pouvoirs politiques à l’échelle du monde. »

Une certaine marginalisation des États : 

Les outils traditionnels de la politique publique, fiscalité et réglementation, perdent de leur efficacité dans un environnement mondialisé. Leur application demande alors la coopération de plusieurs États, toujours délicate à obtenir et à maintenir.  La mondialisation génère des agents économiques, des moyens d’information et des flux financiers dont l’ampleur échappe au contrôle de la structure des États-nation. De ce fait, la plupart des gouvernements déplorent leur impuissance face à ces phénomènes tant que les relations internationales ne sont pas réglées par d’autres règles que l’intérêt des États.  Au niveau européen, il faut noter l’existence d’une certaine volonté d’harmoniser les comptabilités nationales, en vue de définir une typologie normalisée des agents (juges et correcteurs) économiques en unités institutionnelles et en secteurs institutionnels.

Un rôle en devenir des acteurs transnationaux… 

L’accélération récente de la mondialisation entraîne une diversification et une autonomisation des différents acteurs transnationaux. Elle impose aux organisations internationales (Banque mondiale, FMI, OCDE, Forum de Davos, G7…) de redéfinir leurs discours et leurs actions. 

Des ONG (organisations non gouvernementales) tentent de combler ce vide, mais elles manquent de légitimité pour prétendre représenter les citoyens du Monde, et sont souvent marquées par des idéologies partisanes.  De leur côté les syndicats ont compris l’intérêt d’aborder la question du travail selon une approche mondialisée, notamment en se regroupant en une Confédération syndicale internationale (initiée en 2000 et concrétisée au congrès fondateur du 1er au 3 novembre 2006 à Vienne.) Aspects humains et sociaux… 

Aujourd’hui, 4% de la population mondiale vit en dehors de son pays de naissance.  Migrations… Les flux humains de migration permanente sont les grands oubliés de la mondialisation. Même si en 2002, les États-Unis accueillaient le nombre d’immigrants le plus important de son Histoire, ce nombre était faible au regard de sa population en comparaison de cette proportion au cours des années 1920. Dans l’ensemble du Monde, les mouvements de population sont quantitativement faibles. La mobilité internationale durable reste le sort des plus défavorisés, déplacés par les guerres (ethniques, politiques, religieuses), ou l’apanage des mieux formés à la recherche de la meilleure rémunération pour leurs compétences.  Inégalités de revenus… 

La mondialisation met en évidence des inégalités de revenus à l’intérieur des pays développés (dirigeants/employés) et entre pays développés, pays en développement et pays pauvres.  « Encore que, cette inégalité de revenus ne doit pas cacher le fait qu’elle reflète le plus souvent des différences considérables dans les modes de vie. »  Tourisme…  La hausse de niveau de vie et la baisse des coûts de transport ont largement contribué à l’extension du tourisme international, qui passe de 25 millions de personnes en 1950 à 500 millions en 2000. Toutefois, le tourisme international est essentiellement composé de ressortissants de pays riches visitant d’autres pays riches (les pôles récepteurs et les pôles émetteurs.) Le tourisme en direction des pays pauvres est le plus souvent concentré sur un petit nombre de localisations, avec un effet assez faible sur le développement d’ensemble du pays d’accueil. Aspects financiers. 

Après la Deuxième Guerre mondiale, les marchés financiers nationaux étaient réglementés et cloisonnés. Sous l’influence des différents acteurs, mais aussi du FMI et de la Banque mondiale (« consensus de Washington »), les marchés ont subi une triple évolution dite « les trois D »: déréglementation (abolition des contrôles des changes et des restrictions aux mouvements de capitaux), désintermédiation ou accès direct des opérateurs aux marchés financiers sans passer par des intermédiaires et décloisonnement (éclatement des compartiments qui existaient.)

« À partir de la fin des années 1970 un marché intégré des capitaux s’est peu à peu mis en place à l’échelle mondiale. »  Au-delà des aspects géographiques c’est donc une nouvelle logique financière qui s’est instaurée, c’est pourquoi les spécialistes parlent plutôt de « globalisation » financière que simplement de mondialisation. On peut dire, aujourd’hui, qu’une sphère financière globalisée existe eu sein de l’économie mondiale. La mondialisation introduit une explosion sans précédent dans l’Histoire des flux financiers à l’échelle du Monde, qui est engendrée en grande partie par la facilité des échanges informatiques sur la Toile.  La globalisation financière a favorisé le financement des entreprises et celui des balances de paiement. En supprimant les obstacles à la circulation du capital elle a donné une impulsion sans précédent aux marchés financiers. Force est cependant de constater que les vrais gagnants au jeu de la finance internationale moderne sont surtout les firmes multinationales, les Trésors publics, les établissements de crédit et les investisseurs institutionnels. 

Les risques liés au développement des marchés financiers sont nombreux : – Contrairement à la logique industrielle, la logique financière privilégie le court terme, voire le très court terme (d’où les délits d’initiés…) ; – La volatilité des marchés s’est accrue, entraînant une instabilité des taux d’intérêts et des taux de change ;  – Les risques systémiques engendrés, soit par des pertes économiques importantes ou par une perte de confiance, se transmettent plus facilement à l’ensemble de l’économie (théorie des dominos), provoquant alors des difficultés financières, des faillites, l’effondrement du prix de certains actifs, etc.. 

La globalisation financière a donné naissance à des risques nouveaux en engendrant des instabilités nouvelles. La question de la maîtrise de cette globalisation se pose aujourd’hui avec acuité car les États et les institutions (FMI, Banque mondiale…) ont montré leur impuissance lors de crises importantes. Une régulation mondiale semble pour l’instant inaccessible :  – Faut-il mettre en place une taxation comme le préconise James Tobin ?  – Peut-on réformer les institutions internationales ? – Faudra-t-il une crise systémique majeure pour que les États trouvent un terrain d’entente ? La mondialisation au xxiesiècle. 

La forme actuelle de la mondialisation repose sur deux facteurs essentiels :

– La faiblesse des coûts de transport au regard des écarts des coûts de production (au sens économique du terme), qui touche les biens matériels ;

– La baisse des coûts de communication au niveau mondial, qui touche la diffusion, sous forme numérique, des informations globales (économiques, financières, boursières, culturelles, idéologiques, etc.…)

Échanges de biens matériels…  Le premier facteur explique la mise en place d’une division internationale du travail, puisqu’il peut être rentable de faire fabriquer une marchandise dans un pays pour la transporter et la vendre dans un autre. La généralisation de ce procédé à l’ensemble du processus de production (un bien est fabriqué en plusieurs étapes, correspondant à autant de pays différents) entraîne la croissance d’interdépendances économiques d’autant plus fortes que les échanges le sont. La France et l’Allemagne en sont un parfait exemple. Ce phénomène constitue essentiellement une continuation de ce qui avait été amorcé au xixe siècle lors du premier essor industriel. Ce processus trouve sa contrepartie dans la volonté des pays les plus riches de diminuer les droits de douane existant entre eux ainsi que ceux portant sur leurs produits dans les pays moins industrialisés. Les négociations du GATT, puis de l’Organisation mondiale du commerce, voient ainsi une diminution considérable des barrières douanières ainsi que l’élargissement de ce processus à l’agriculture et aux services.  Mondialisation de l’information…  La grande nouveauté de la mondialisation du début du xxie siècle est la mise en place de technologies de l’information (TIC), en sources ouvertes ou fermées, elles aussi à l’échelle mondiale. Avec l’accès à ces outils, la mondialisation touche autant les individus que les États ou les entreprises, avec une perception très variable selon les individus. 

Le premier effet de cette mutation technologique est la financiarisation de l’économie et le développement des entreprises multinationales et transnationales. La meilleure information sur les différences de coûts, entre les pays, permet en effet aux capitaux de circuler sans l’intermédiation des banques, en permettant l’établissement de marchés financiers intégrés au niveau international.  La prise de conscience de l’unicité de la planète face aux problèmes écologiques est une caractéristique fondamentale de la fin du xxe siècle et du début du xxie. Plusieurs évènements ont en effet marqué ce début de millénaire sur le plan écologique et sociétal. « Les questions écologiques engagent désormais la responsabilité des entreprises… » Elles trouvent leur expression dans le développement des ONG (WWF, Médecins sans frontières, etc.), qui deviennent des interlocuteurs des entreprises, parmi d’autres parties prenantes. 

Ces enjeux de globalisation entraînent la nécessité de politiques d’innovation, dans lesquelles la gestion des connaissances et la propriété intellectuelle ont encore plus d’importance que les outils de communication pure.  Contrairement aux facteurs purement financiers, la mondialisation des technologies de l’information, du type Web, Internet et autres médias, touche directement les individus. L’exposition à des produits étrangers (dessins animés japonais, cinéma indien, danses d’Amérique du Sud…) n’est plus le privilège d’une élite. « Elle fait prendre conscience de la diversité des cultures au niveau mondial. » 

Changement de représentation.

On perçoit confusément que la mondialisation, qui s’accompagne d’enjeux de développement durable, correspondrait au début d’un nouveau cycle historique. Le philosophe Michel Foucault parle d’épistémè pour une conception du monde…  Notre époque correspondrait, selon lui, à un nouvel épistémè, qu’il qualifie d’hyper modernité (émergence dans les années 1970, affirmation entre 1990 et 2000.) L’historien René Rémond pense qu’il existe des cycles dont les caractéristiques sont le changement des représentations du Monde, conduisant à de nouvelles représentations sociales, le changement des modes de diffusion de l’information et de la connaissance, la lecture scientifique des textes fondamentaux, et la remise en honneur de la culture dite antique… 

Par exemple, la Renaissance du xie siècle fut une période de remise en honneur des auteurs grecs et latins et de changement de conception du monde (rotondité de la terre) ; la Renaissance des xv et xvie siècles étendit la redécouverte de la culture antique à l’Art et aux techniques, et apporta l’Imprimerie. Le siècle des Lumières vit un changement important de représentation du Monde, avec la fameuse « Révolution copernicienne » Notre époque voit aussi apparaître des représentations du Monde différentes, avec les nouvelles théories cosmologiques, l’apparition d’Internet, etc..

Conclusion : 

Alors !

Mondialisation ou Globalisation ?

Socialisation ou Capitalisation ?

Survivance pour tous ou pour seulement quelques-uns ?

Artifice ou Nature ?

« Au bout de seulement 2 petits siècles (1,37 seconde, si l’on ramène l’existence de la Terre à 1 année), Homo sapiens aura entamé et aidé au processus d’autodestruction artificiel d’un Monde, qui se voulait une exception à l’échelle de la Galaxie ! »

Voilà la réalité d’aujourd’hui (30 mai 2007), voilà le résultat d’une espèce qui n’aura pas su, ou trop tard, préserver l’essentiel, c’est-à-dire les ressources naturelles et le milieu environnemental dans lequel elle évolue encore ! Mais, pour combien de temps… ?

Paola Rise.



1. État de choses ou de personnes lorsqu’elles sont en interaction ; 

État de choses ou de personnes qui dépendent les unes des autres ; 

Concept bouddhiste pour parler du fait que toutes les choses sont en interactions et dépendent des autres pour exister. Voir coproduction conditionnée et vacuité.

2. La crise économique, dite crise asiatique, a officiellement débuté avec la décision des autorités thaïlandaises de laisser flotter le bath qui a entraîné dans sa chute la roupie indonésienne, le ringgit malais et le peso philippin. À l’automne, la crise s’est étendue en Corée, à Taïwan, Singapour et Hong Kong. La situation financière des banques et des entreprises locales, qui étaient fortement endettées à court terme en dollars et en yens, s’est détériorée rapidement. L’insolvabilité d’un grand nombre d’entre elles ainsi que la fuite des capitaux ont entraîné un collapsus du crédit et de l’activité économique entre la fin de l’année 1997 et le début de l’année 1998, empêchant les pays concernés d’exploiter les avantages de compétitivité procurés par la dépréciation de leur monnaie. Au point bas de la crise, c’est-à-dire au cours du premier semestre de l’année 1998, la dépréciation de la monnaie par rapport au dollar a atteint près de 75% en Indonésie et 35% en Thaïlande, Malaisie, et Philippines. La chute des cours boursiers a été de l’ordre de 50% en Corée, 45% en Malaisie et en Indonésie, et 30% en Thaïlande, aux Philippines, à Hong Kong et à Singapour. Le recul de l’activité a atteint 20% en Indonésie, 15-20% en Thaïlande, 10-15% en Malaisie, en Corée et à Hong Kong, et 0-5% aux Philippines. 

Une comparaison avec les crises précédentes montre que la dépréciation du change a été équivalente, mais que le recul de l’activité et l’ajustement des paiements courants ont été plus violents. 

Publié dans : Education | le 2 juillet, 2007 |1 Commentaire »

La carte scolaire?

L'EcoleBonjour à tous (tes),

Que pensez-vous de la réforme de la carte scolaire et à quoi pensais-je, il y a maintenant longtemps, lorsque j’envoyais mon fils à l’Ecole laïque ?

Voilà un sujet intéressant qui, au demeurant, est à l’ordre du jour du nouveau gouvernement.

Mais qu’en est-il ? En quoi consiste exactement la carte scolaire ?

Chaque établissement a un bassin de recrutement, défini à partir des adresses des parents, qui définit un lieu de scolarisation pour l’établissement public de leurs enfants en âge d’être scolarisé. Le seul moyen d’éviter cet établissement est : soit d’avoir une adresse « hors secteur » ; soit de choisir une option « absente » dans le programme de l’établissement ; soit enfin d’avoir recours au « privé ».

La carte scolaire est-elle un frein à la mixité sociale ?

C’est une question délicate. Il suffit de voir la timidité avec laquelle cette question était abordée par les différents candidats à l’élection présidentielle. Ce que montrent les enquêtes, c’est qu’en l’état actuel, les enfants les plus captifs sont ceux des milieux populaires et des quartiers les plus stigmatisés, alors que ceux des classes supérieures s’en affranchissent beaucoup plus facilement, généralement pour accéder à des établissements encore plus attractifs et souvent très homogènes socialement.

Peut-on conserver de bons niveaux scolaires dans les établissements tout en respectant le principe moral de mixité sociale ?

Ce que montrent plusieurs enquêtes, c’est que les enfants d’origine populaire tirent profit d’une plus grande mixité dans leur établissement, alors que cet effet semble moins important pour les enfants de classes moyennes et supérieures. Autrement dit, nous sommes dans cette situation paradoxale : où les enfants pour lesquels la mixité serait la plus souhaitable sont ceux que l’on retrouve le plus souvent dans les établissements les moins mixtes et, inversement ; les enfants des classes sociales pour lesquels la diversité sociale joue moins sur leurs résultats scolaires sont ceux qui sont plus souvent dans des établisssements mixtes, voire très favorisés.

Quel autre moyen pourrait-on mettre en place pour avoir une politique d’égalité ? La carte scolaire est-elle le seul moyen ?

Non, il y a d’autres pistes possibles… L’une consiste à travailler sur le taux d’encadrement de manière à donner un cadre pédagogique adapté aux établissements les plus en difficulté. Et l’on sait bien que le taux d’encadrement est un élément déterminant de la réussite scolaire d’enfants en difficulté. Cela dit, on voit bien apparaître une tension entre une logique de proximité, qui conduirait à maintenir un recrutement localisé dans les établissements des quartiers en difficulté, quitte à augmenter considérablement le taux d’encadrement, ou bien à s’affranchir de la logique de proximité pour rechercher plus de mixité, sachant qu’il sera plus difficile d’agir sur le taux d’encadrement.

Comment les ressources financières sont-elles attribuées à chaque établissement ?

Les moyens sont affectés en fonction du nombre d’élèves, des projets d’établissement et bien évidemment du fait d’être en zone d’éducation prioritaire ou non.

Comment se fait-il que les enfants dont les parents ont un statut social élevé obtiennent plus facilement une dérogation pour étudier dans une autre école ? Quelles sont les conditions d’obtention de cette dérogation, et qui l’attribue ?

Les classes supérieures ont une connaissance très précise du système éducatif qui les conduit à maîtriser parfaitement l’offre scolaire, non seulement de leur secteur, mais plus largement, de leur bassin scolaire.  C’est pourquoi le choix de certaines options (langues, classes à horaires aménagés, etc.) permet d’éviter le collège de secteur. Les parents ont également une meilleure vision de la scolarité de leur enfant, sur le moyen ou long terme, qui leur permet d’articuler des choix d’options en fonction de l’orientation qui auront lieu dans l’enseignement supérieur.

Depuis 20 ans les ministres de l’éducation ont tous assoupli la carte scolaire, sauf peut-être François Bayrou en 1993. Est-ce qu’on se dirige inéluctablement vers une désectorisation totale ?

Les principaux candidats à la présidentielle ont eu des positions différentes sur la sectorisation. Nicolas Sarkozy penche plutôt pour un assouplissement, voire sa suppression, associée à l’idée que la compétition entre établissements fera « disparaître » les « moins bons » et laissera ainsi le « libre choix » aux parents. Ségolène Royal a une conception plus restrictive de la carte scolaire : elle souhaite « reconfigurer les secteurs » de manière à les rendre plus hétérogènes et laisser le choix entre deux ou trois établissements, au sein de ces nouveaux secteurs, rendus plus diversifiés. Quant à François Bayrou, il dit simplement qu’il faut repenser la carte scolaire et en défendre le principe, mais ne précise rien de concret quant à une possible réforme. On peut ajouter que le point commun à ces trois candidats est d’utiliser des propos très généraux sur la carte scolaire, alors qu’une discussion sérieuse nécessiterait d’en indiquer les aspects pratiques (quelle échelle ? quel type de mobilité ? quel type de mixité ?) Il y a eu des expériences d’assouplissement de la carte scolaire dont le rapport Hébrard de mars 2002 fait état et qui montre que cet assouplissement a peu d’effets sur le profil des établissements et profite plutôt aux classes moyennes et supérieures. Cela montre, d’une certaine façon, que la voie à suivre n’est pas celle de l’assouplissement de la carte scolaire, si l’on souhaite plus de mixité à l’école, mais bien celle d’une redéfinition des échelles des secteurs et des types de profils souhaités dans les établissements.

En fait, le débat sur la carte scolaire révèle des tensions sociales liées à l’évolution de la ségrégation urbaine. Un grand nombre de catégories sociales, moyennes et supérieures, conçoivent l’homogénéité sociale comme la garantie d’un environnement scolaire sécurisé et performant. Ainsi, les enjeux liés au recrutement des établissements renvoient à des enjeux d’identité de classe et de perception tronquée de la ségrégation urbaine. « Puisque les études concernant l’évolution de la ségrégation urbaine montrent que ce sont surtout les catégories supérieures qui se sont le plus ségrégées au cours des dix dernières années, plus que les catégories populaires. »

La mixité sociale est-elle possible dans les quartiers riches ?

Des travaux montrent clairement que les classes supérieures sont les plus réticentes à l’idée de cohabiter avec les milieux populaires, immigrés ou issus de l’immigration dans l’espace scolaire. Et il n’est pas certain, non plus, que des enfants d’origine populaire vivent sereinement leur expérience scolaire dans des établissements très bourgeois. C’est d’ailleurs une limite à un certain nombre d’expériences qui consistent à sortir « les meilleurs élèves » ou les « élèves prometteurs » des quartiers en difficulté, puisque non seulement cela contribue à fragiliser des équilibres sociaux et scolaires instables dans ces quartiers, mais cela n’agit en rien sur la situation la plus commune : celle des collèges ordinaires caractérisés par la mixité.

Quel candidat présidentiel avait la solution la plus logique et surtout la plus équitable au sujet de la carte scolaire et de ses conséquences socio-éducatives ?

Etant donné les propos très généraux tenus par les principaux candidats, il est difficile de dire clairement celui qui apparaissait comme le plus à même de réformer la carte scolaire. Nous sentons tout de même la vraie différence entre Nicolas Sarkozy, clairement plus libéral et développement une conception concurrentielle de l’enseignement, et Ségolène Royal et François Bayrou, qui n’ont jamais envisagé la suppression de la carte scolaire, mais son aménagement en vue de garantir une plus grande diversité sociale et un cadre de socialisation de qualité. Je précise également que Ségolène Royal a clairement indiqué son intention d’accorder plus de moyens aux établissements situés en ZEP.

Le problème de la carte scolaire existe-t-il seulement en France ?

La situation en Europe est caractérisée par une grande diversité entre des pays sans carte scolaire, des pays avec une carte scolaire souple, et enfin des pays avec une carte scolaire stricte. La France est clairement dans le deuxième groupe, puisque la carte scolaire peine à être respectée par l’ensemble des parents, ce qui profite a priori aux classes supérieures. La Belgique est en train de réfléchir à une réforme de son système (actuellement sans carte scolaire), et regarde l’expérience française avec beaucoup d’intérêt pour construire les secteurs pertinents pour assurer la mixité sociale.

En conclusion: Nous partons sur des sentiers battus mais mal débattus qui, sans une implacable homogénéité de la société française et une refonte de son système éducatif, basé sur les besoins intrinsèques et cohérents de l’activité économique, sociale, environnementale, administrative, etc., de la Nation et, pourquoi pas, du Monde international, ne régleront pas les difficultés liées aux véritables chances de promouvoir une éducation honnête et durable pour tous ! Et non pas une élite qui, sans débouché concret et valorisant, fuira ses obligations naturelles de rester au Pays pour accomplir les missions qui lui seront confiées !

Autrement dit, sans une parfaite cohésion sociale, économique, financière et surtout humaine, sans un partage équitable des tâches et des devoirs qui incomberont à chacun, au final de leur cursus scolaire, universitaire, des grandes écoles, d’apprentissage, de formation continue et évolutive, et tout au long de leur vie active, les problèmes perdureront et l’avenir s’assombriera ! Mais…

Bonne journée à vous ou… bonne nuit.

Paola Rise.

 

Publié dans : Education | le 23 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

La démographie mondiale…

Image de l'auteur (quand elle était plus jeune...)Bonjour à tous (tes),

Attachons-nous, aujourd’hui, aux véritables raisons qui feront que le Monde va changer et intéressons-nous, en tout premier lieu, à la…

Démographie terrestre. Cela sera ma première pensée logique :

Le Continent asiatique est de loin le plus peuplé sur la Terre. Il est passé de 102 millions d’habitants en – 400 av. J-C. (62% du total mondial) à 4 milliards d’individus en l’an 2000 (60,8%.) Alors que l’Europe et l’Ex-URSS passait de 36 millions (22,2%) à 750 millions (12,4%) pendant le même temps.

Le Continent africain affichait 17 millions d’âmes (10,4%) pour atteindre les presque 800 millions à la fin du 20ème siècle (12,7%.)

Le Continent Sud-américain et Central faisait maigre figuration en – 400 de notre ère, passant de 5 millions (3%) à tout de même 520 millions d’habitants (8,4%) pour la même période.

Le Continent Nord-américain, quant à lui, passera de 1 petit million (0,6%) à 310 millions d’énergumènes (5,1%.)

L’Océanie voit sa population croître de 1 million (0,6%) à 31 millions (0,5%) toujours entre – 400 av. J-C. et aujourd’hui.

Durant ces dernières décennies l’évolution a tendance à stagner en Amérique Centrale et du Sud. Celle de l’Amérique du Nord régresse légèrement. Celle de l’Europe régresse plus significativement. Alors que celle de l’Asie progresse toujours, (le % passant sur une décennie de 58,7 à 60,8.) Celle de l’Océanie est quasiment immobile depuis un siècle. Enfin, celle de l’Afrique aurait tendance à augmenter depuis le début du 20ème siècle, passant de 8% à 12,7% sur cent ans.

Dans le monde, 9 bébés naissent pendant que 3 personnes meurent, toutes les deux secondes. La Terre comporte donc 3 habitants de plus chaque seconde, soit 10.600 par heure (254.400 par jour, 1.800.000 par semaine, etc.), pour atteindre 93 millions par an, dont 85 millions dans le tiers-monde et 6 millions dans les pays développés.

Dès la fin du 18ème et le début du 19ème siècle, une doctrine prescrivant la limitation des naissances, émise par Robert Malthus (pasteur britannique anglican, 1766-1834), décrit et dit que la faim et la misère sont étroitement liés au : « Désir constant que manifestent tous les êtres vivants de se multiplier plus que ne le permet la quantité de nourriture dont ils disposent. La population double tous les 25 ans, selon une progression géométrique, tandis que la nourriture disponible, en partant de l’état actuel de la Terre habitée, augmente selon une progression arithmétique. »

Cela signifierait que selon toute vraisemblance et en l’état actuel des choses, c’est à dire sans « cataclysmes naturels » (épidémie, famines, ouragans, séismes, inondations, etc.) ou artificiels (économiques, guerres, conflits, génocides, hégémonies, etc.), nous arriverions bientôt à la croisée des chemins où, la demande serait plus forte que l’offre de la Nature. Ce pasteur prescrivait donc, dans ce malthusianisme, que la procréation devrait être freinée par la continence librement consentie ou organisée de façon répressive, en particulier chez les pauvres et les plus démunies ! Il va de soi que cette doctrine machiavélique, jugée comme doctrine de classe refusant la solidarité par les socialistes, qui conçoivent, selon eux, que la pauvreté est due au régime de la propriété et non à la surpopulation, et rejetée par les religions, dans leur ensemble, opposées à toute intervention contraceptive, aboutira, un siècle et demi plus tard, au néomalthusianisme (généralisation de la contraception.) Si l’on fait une étude comparative entre les réserves naturelles liées à la nourriture des hommes et l’accroissement de la population mondiale, sans tenir compte de l’espérance de vie qui est en constante progression (même en Afrique) malgré les épidémies galopantes et mutantes « naturelles ou artificielles », combien d’êtres humains la Terre pourrait-elle nourrir dans la prochaine décennie ? La réponse serait : 30 milliards s’ils vivaient comme les paysans du Bangladesh, seulement 700 millions s’ils vivaient comme les Européens de l’Ouest et un peu moins de 500 millions s’ils étaient des Américains du Nord.

« Le calcul est vite fait : En moyenne, il ne nous resterait pas tout à fait deux siècles si cela devait demeurer inchangé ! »

La natalité ou le nombre incontrôlé de naissances, qui depuis des siècles nous ont amenés à une surpopulation dans le monde, est l’une des principales causes, jusque là irréversible, de la future descente aux enfers.

Il y a dix ans, ce nombre s’élevait à 143 millions de naissances pour environ 50 millions de décès, y compris la mortalité infantile. L’indice de fécondité moyen mondial (enfants par femme), pour la même période, était de 3,3 au début des années 90 pour tomber à 2,3 à la fin du siècle. C’est dans les pays pauvres ou en voie de développement que ce taux est le plus élevé. Nous avons par exemple un taux de 7,9 pour Gaza en Cisjordanie, de 7,7 pour la Malawi, de 7,5 pour l’Éthiopie et le Yémen, de 7,4 pour la Côte d’Ivoire et le Niger, de 7,3 pour le Mali et l’Ouganda. Alors que dans le même temps, l’Autriche enregistrait un taux de 1,5. Le Portugal, la Grèce et l’Allemagne voyaient s’infléchir le leur à 1,4.

La comparaison entre les pays industrialisés et « en voie de développement » ne s’arrête pas là : Entre 1960 et 1965, nous avions 2,7 pour (6,1) ; De 1970 à 1975, 2,2 pour (5,4) ; De 1980 à 1985, 1,9 pour (4,2) ; De 1990 à 1995, 1,9 pour (3,6) ; Et de 2000 à 2005, une estimation de 1,85 pour (3,1.)

Si les chiffres ont tendance à se resserrer, il n’en est pas moins vrai que le taux moyen mondial reste toutefois trop élevé. L’idéal serait de faire de la régulation des naissances la principale réforme à l’échelle interplanétaire, dans les prochaines décennies. De cette façon, il serait souhaitable de ramener le taux moyen très légèrement en dessous de 2 dans un premier temps, surtout pour les pays sous-développés, et de maintenir le cap de 2,1 pour les autres pays. Car le remplacement des générations exigerait ce taux de natalité pour 1.000 habitants et par an. Or il est inférieur dans la plupart des pays (1,4 dans l’UE en 1997.)

La dénatalité sévit, en Europe, en même temps que la population vieillit (sauf en Irlande.) Les causes sont bien connues : Il s’agit de l’augmentation du travail des femmes (« croissance voulue et orchestrée » par le modernisme), de la maîtrise de la fécondité à l’ouest et d’une forte baisse à l’est (en 1997), de la diminution du nombre de mariages et de l’augmentation de celui des divorces. Il faut surtout garder à l’esprit que l’augmentation de la « pollution mondiale » est assujettie au nombre d’individus qui peuplent notre Terre et que leur concentration (mal-agencée) dans des centres urbains (capitales de pays pour la plupart) n’aide en rien l’avenir proche de la Planète, car l’homme n’arrive toujours pas à anticiper sur : Les conséquences mathématiques ou plus exactement physiologiques de ses actes.

« La Nature lui apprendra bientôt à tenir compte de cette anticipation, car elle se retourne déjà contre lui. Il faudra dorénavant envisager la création de Mégapoles susceptibles de rester propres, mais malheureusement protégées des proches dangers extérieurs que seront les futures conditions climatiques, les nouvelles maladies et les bouleversants changements épidémiologiques, les mutants et les révoltés, le manque de nourriture brute et saine, etc.. »

  

Une première conclusion se dégage de ce constat alarmant :

Au-dedans de toute considération copulative naturelle, l’homme s’est très vite rendu compte que la force du nombre l’emporterait plus aisément sur l’unique ou sur de petits groupes. La peur de la raison inconsciente de disparaître rapidement, de gagner puis de perdre une certaine suprématie, la propriété de son territoire (allouée bien souvent arbitrairement), ses futures découvertes, créations, innovations, fabrications, la continuité de l’espèce dans sa descendance ou simplement la peur du lendemain, firent en sorte d’augmenter abusivement le taux de natalité. Cette multiplication, malgré les causes diverses et variées d’un écrémage naturel ou artificiel, élèvera très vite le volume de la population humaine, qui sévit depuis une dizaine de millions d’années, à la surface de la Terre.

Le véritable fléau serait donc bien la « race humaine ». Espèce qui n’aura jamais su combien, ou trop tard, que la première protection résidait dans celle de la Nature, seule véritable source de vie, facilitant ainsi sa continuité. Au-delà de toute considération dogmatique, idéologique, ancestrale ou nouvelle, il est grand temps de programmer une Société capable de résorber la pente climatérique sur laquelle nous glissons inexorablement depuis l’ère moderne. Il devient urgent de dissoudre les problèmes emblématiques liés au pouvoir politique, financier et à la puissance économique, d’éradiquer les moyens monétaires, d’équilibrer la part de chacun, de maintenir les peuples dans la solidarité, d’anticiper sur toutes les décisions et cela dans un souci d’égalité, de fraternité, de respect mutuel, de sauvegarde et de maintien de notre environnement naturel, etc., etc..

Cette Société pourrait se développer plus vite qu’il n’y paraît ! :

Elle serait l’aboutissement et la conséquence des troubles géophysiques, qu’auront engendré les hommes à vouloir posséder plus qu’ils ne le peuvent sur cette belle planète. Planète vouée aux futurs bouleversements cataclysmiques causés par les déchets organo-chimiques, libérés le plus souvent dans l’atmosphère, dans la troposphère ou par des manipulations organo-génétiques de la faune et de la flore, détruisant ses dons naturels.

Un fléau sous-jacent, « le progrès », goûté et apprécié par les pays développés, serait en marge d’accentuer ce phénomène de catastrophes endémiques.

Manifestations que les facultés de la connaissance et du savoir, emmagasinées depuis quelques centaines de millénaires dans nos minces cerveaux spoliés et déréglés par l’obtention et la recherche hédonistique du confort désiré, par la découverte ou l’invention la plus originale, par le fait de vouloir tout simplement péter plus haut que son cul, finalisent.

« Or, les sciences étiologiques, rationnelles et intelligentes ne se doivent-elles pas au service de l’Homme, ce que l’Univers fut au service de la Nature originelle ? »

Partout, le mot le plus prisé par la « nomenklatura » ou par les gouvernances des pays soi-disant développés se nomme « croissance », comme se voulait celui du mot conquête aux temps ancestraux, servant à étendre son hégémonie. Comme si cette croissance allait pouvoir nous sortir du gouffre dans lequel nous plongeons inéluctablement !

« Erreur ! Gravissime erreur, qui ne fait au contraire que nous précipiter davantage vers les bas-fonds de l’abîme ! »

Essayons de réfléchir, une petite seconde, aux conséquences de vouloir supplanter (économiquement parlant) des « partenaires » ou plutôt des « concurrents » commerciaux, culturels, ethniques, physiologiques, financiers, militaires, religieux, etc.. Cela entraîne obligatoirement un déséquilibre à l’échelle de la planète, creusant de plus en plus le fossé entre les pays pauvres et l’ »autre », car (dans la conscience humaine) il faut un vainqueur !

« Ce n’est pas comme cela que l’espèce humaine sortira grandie de son indéfectible orgueil, de son inexpiable honte ! »

Il faut arrêter de vouloir accroître la « croissance », de vouloir augmenter le « pouvoir d’achat », de, tout simplement, en vouloir plus.

Il faut, au contraire, dans un but de ré-équilibre et de « cohésion sociale », répartir et donner à chacun sa part équitable sur : Les richesses naturelles qui sont puisées dans les ressources industrielles, matérielles, agroalimentaires, nutritionnelles, financières (pour l’instant, mais non durables), culturelles, médicales, scientifiques, artistiques, etc..

« Sinon, nous courrons à la catastrophe ! »

Puisque, une fois encore, les ressources naturelles et fabriquées, à l’échelle mondiale, deviennent, sans modification notable de la future marche à suivre, « inversement proportionnelles » au nombre d’organismes vivants peuplant notre planète.

« La Planète ne nous appartient pas, nous lui appartenons ! »

A plus, pour lire la deuxième raison!

Paola Rise.

Publié dans : Population | le 21 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

BILAOGY |
LA GRANDE GUERRE 1914-1918 |
Le Cercle de Lumière |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | ksar-hellal"sacrifiee,abuse...
| Enjeu planeterre
| LES INJUSTICE